American Abstract Artists International: 75th Anniversary

American Abstract Artists International: 75th Anniversary
AAA International: 75th Anniversary, Paris 2012

ParisCONCRET
5 rue des Immeubles Industriels
75011 Paris, France

Saturday, March 10 to Saturday, March 31, 2012, also open Monday, April 9.

Vernissage le 10 mars 17h-20h - jusqu'au samedi 31 mars. Ouverture exceptionnelle le lundi 9 avril 14h/18h.

American Abstract Artists (AAA) continued to celebrate their 75th anniversary with this traveling exhibition which had been to Otranto (Italy), Berlin (Germany) and then visited Paris (France).

Exhibiting artists included Richard Anuszkiewicz, Martin Ball, Siri Berg, Emily Berger, Susan Bonfils, Sharon Brant, Henry Brown, James O. Clark, Mark Dagley, Matthew Deleget, Ruth Eckstein, Gabriele Evertz, Heidi Gluck, James Gross, Lynne Harlow, Mara Held, Daniel G. Hill, Gilbert Hsiao, Phillis Ideal, Julian Jackson, James Juszczyk, Cecily Kahn, Steve Karlik, Marthe Keller, Victor Kord, Irene Lawrence, Mon Levinson, Jane Logemann, Vincent Longo, David Mackenzie, Stephen Maine, Katinka Mann, Nancy Manter, Rossana Martínez, Creighton Michael, Manfred Mohr, Maria Morganti*, Judith Murray, John Phillips, Lucio Pozzi, Leo Rabkin, David Reed, David Rhodes*, Ce Roser, Irene Rousseau, David Row, Edward Shalala, Richard Timperio, Clover Vail, Don Voisine, Merrill Wagner, Stephen Westfall, Jeanne Wilkinson, Mark Williams, Thornton Willis, Kes Zapkus, and Nola Zirin. *invited artist.

ParisCONCRET
ParisCONCRET, 5 rue des Immeubles Industriels, Paris 11e

Text

Français

P a r i s C O N C R E T
American Abstract Artists International
75th Anniversary

Our purpose is to unite abstract artists residing in the United States, to bring before the public their individual works, and in every possible way foster public appreciation for this direction in painting and sculpture. We believe that a new art form has been established which is definite enough in character to demand this united effort.

—From the preface to the 1938 catalogue of the American Abstract Artists’ second annual exhibition.

It was 1936, and the country was in the middle of the Great Depression. Though most public presentations of art were conservative, capturing the subdued tone of a nation under economic siege, the Museum of Modern Art mounted the first exhibition of cubist and abstract art—but neglected American artists working in this vein. Angry, many of these artists formed a support network, led by Carl Holty, Harry Holtzman, and George L. K. Morris, and they began to meet informally at the studio of Ibram Lassaw, discussing ways to change the perception of their work and to bring more attention to their ideas and ideals. One can imagine the energy, the vibrant talk, the vigorous camaraderie that developed during these evenings. And in 1937, this informal group exhibited together for the first time at the Squibb Gallery on 57th Street as the American Abstract Artists (AAA).

These were heady days, and the success of their first exhibition led to a growth in membership, more exhibitions, lectures, and catalogues. Many years later, one of the original members, Esphyr Slobodkina, remembered, “Critical opinion was about equally divided between scathing denunciations and benign curiosity.” Not discouraged, the group thrived though the critics remained hostile, culminating in 1940 when the group formed a picket line in front of the Museum of Modern Art, protesting the lack of recognition and respect by such institutions.

During World War II, European artists Piet Mondrian, Fernand Léger, and László Moholy-Nagy emigrated to America and found a sympathetic community among the members of the AAA. Mondrian became a member of the group and was something of a spiritual mentor to many of them, along with Hans Hofmann, who never joined, but whose inspirational teaching spawned a new generation of like-minded artists. In the 1950s, the more robust abstraction of Mondrian was replaced by a quiet stillness, particularly evident in the work and writings of artists like Ad Reinhardt and Burgoyne Diller. While abstraction seemed to be moving in new directions, the longevity of the group itself can be attributed to its lack of dogma, rejection of any party line or adherence to any manifestoes, and a general open enthusiasm for abstract art in all its variations.

Despite changes within the membership as well as in the art world, the AAA has continued strong for seventy-five years, a testament to the nurture and care of these artists who strongly believe that the abstract impulse can happily encompass diverse approaches and identities, from the dynamic structural symmetry of Mondrian, to a biomorphic, surrealist-inspired abstraction, to the rigid, grid-like forms of neoplasticism. This exhibition celebrates this achievement.

Text by Nancy E. Green, curator of Splendor of Dynamic Structure: Celebrating 75 Years of the American Abstract Artists, January 22–March 20, 2011, at the Herbert F. Johnson Museum of Art, Cornell University.

Texte

English

P a r i s C O N C R E T
American Abstract Artists International
75th Anniversary

« Notre but est de réunir des artistes abstraits résidant aux états-Unis, de porter leurs œuvres individuelles devant le public, et avec tous les moyens possibles de favoriser l’appréciation du public pour cette direction dans la peinture et la sculpture. Nous croyons qu’une nouvelle forme d’art a été établie dont le caractère est assez distinctif pour demander cet effort réuni. »

C’était en 1936, le pays se trouvait au milieu de la Grande Dépression. Bien que la plupart des présentations publiques d’art étaient conservatrices, reflétant le climat étouffé d’une nation en état de siège économique, le Musée d’Art Moderne a monté la première exposition d’art cubiste et abstrait – mais il a ignoré les artistes américains qui travaillaient dans ce domaine. En colère, beaucoup de ces artistes ont formé un réseau de soutien, dirigé par Carl Holty, Harry Holtzman, et George L. K. Morris, qui ont commencé à se rencontrer de fašon informelle dans l’atelier de Ibram Lassaw pour discuter sur la manière de changer la perception de leur travail et apporter plus d’attention sur leurs idées et leurs idéaux. On peut imaginer l’énergie, la conversation animée, la camaraderie vigoureuse qui s’est développée au cours de ces soirées. Et en 1937, ce groupe informel a exposé ensemble pour la première fois à la Galerie Squibb sur la 57ème rue en tant que « Artistes Abstrait Américains (AAA) ».

Ce furent des jours exaltants, et le succès de leur première exposition a conduit à une augmentation des effectifs, des expositions, des conférences et des catalogues. Des années plus tard, l’un des membres originaux, Esphyr Slobodkina, se rappela : «la critique a été à peu près également répartie entre dénonciation acerbe et curiosité bénigne.» Sans se décourager, le groupe a prospéré même si les critiques restaient hostiles, avec en point d’orgue la manifestation du groupe en 1940 devant le Musée d’Art Moderne pour protester contre le manque de reconnaissance et de respect par ce type d’établissement.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les artistes européens Piet Mondrian, Fernand Léger, et László Moholy-Nagy ont émigré aux Etats Unis et y ont trouvé une communauté d’échanges parmi les membres de l’AAA. Mondrian s’est joint au groupe et est devenu ensuite une sorte de mentor spirituel pour un grand nombre d’entre eux, avec Hans Hofmann, qui ne s’est jamais inscrit, mais dont les discours inspirés ont donné naissance à une nouvelle génération d’artistes avec des idées similaires. Dans les années 1950, l’abstraction plus robuste de Mondrian a été remplacée par un silence tranquille, particulièrement mis en évidence dans le travail et les écrits d’artistes comme Ad Reinhardt et Burgoyne Diller. Alors que l’abstraction a semblé se déplacer dans des directions nouvelles, la longévité du groupe lui-même peut être attribuée à son manque de dogme, au rejet de toute ligne de parti ou de toute adhésion à des manifestes, et à un enthousiasme général ouvert à l’art abstrait dans toutes ses variations.

Malgré les changements au sein des adhérents ainsi que dans le monde de l’art, l’AAA perdure depuis soixante-quinze ans. Cela témoigne du soin apporté par les artistes qui nourrissent l’AAA en croyant fermement que l’impulsion abstraite peut positivement englober des approches et des identités diverses comme la symétrie structurelle dynamique de Mondrian, l’abstraction biomorphique surréaliste, ou les formes rigides comme la grille de néo-plasticisme. Cette exposition célèbre cet accomplissement.

Texte de Nancy E. Green (voir ci-contre), traduction de Olivier Poggi.

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